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La Reine

Résumé

Versailles. 1789.

Louis XVI cède aux réclamations de la foule. Mais Marie-Antoinette désapprouve. Se promettant de conserver à ses enfants les privilèges de la couronne, elle se jette dans une lutte acharnée contre la Révolution. Et, lorsqu'elle découvre la mollesse de son époux, au lieu de s'en remettre à la sagesse de Lafayette, elle confie son destin à son amant, le téméraire et passionné Comte de Fersen.

L'écriture de La Reine fut un défi. Celui de rendre, sans trahir l'Histoire, trois années de révolution dans une narration claire et une langue raffinée, avec peu de personnages et dans un lieu unique. Mais il fallait résoudre une autre équation : la triste fin du personnage a été copieusement explorée, tandis que Sofia Coppola a admirablement montré ce qui précède 1789. Aussi est-ce au coeur des événements que j'au voulu peindre la reine. La lecture de Stefan Zweig devait achever d'éclairer mon impression : avant d'être un martyr, Marie-Antoinette est sa propre victime. Pour son malheur, elle porte sa défaite en elle, à la manière des grandes héroïnes tragiques. Au total, l'écriture de cette pièce devait me réserver des émotions singulières : le Printemps arabe me tendait le miroir d'une actualité troublante, celle de la dictature sourde à l'insurrection. 

Extrait

LA REINE
Vous me prêtez trop de facultés. Je ne suis que l’épouse du Roi…

LAFAYETTE
Trêve de perfidies… Vous avez l’influence. L’influence est le pouvoir. Mais vous vous en servez comme d’un hochet.

LA REINE
Marquis, je n’ai fait que mon devoir. Celui d’une reine. Qui est de maintenir la royauté grande et forte. Car la noblesse consiste à ne point se rendre avant d’avoir lutté. Mourir peut-être, mais avec honneur.

LAFAYETTE
Madame, le combat d’un monarque peut-il être honorable quand il prend ses sujets pour ennemis ?

LA REINE
Je me passe de vos sermons.

LAFAYETTE
Non. Quand comprendrez-vous ?! Quand comprendrez-vous pourquoi j’ai refusé depuis le début de répondre à votre inimitié infantile ? A vos déloyautés pitoyables ? J’ai espéré en vous. J’ai attendu de vous voir changer. J’ai oublié les outrages, pardonné les trahisons. Surmonté mon amertume pour vous glisser dans l’oreille des conseils avisés. Mais il n’est pire sourd que celui qui ne veut point entendre. Vous vous êtes enfermée dans votre chambre pour ruminer votre contrariété comme une petite fille capricieuse à laquelle on confisque ses bonbons. Et aujourd’hui encore, aveuglée par votre dédain, vous n’avez pas même la délicatesse de voir les efforts que ma démarche suppose.

En scène


Le lundi 12 novembre 2012, à 20h, à la Comédie Claude Volter, à l'initiative du Magasin d'Ecritures Théâtrales. 

- Le lundi 3 décembre 2012, au Théâtre 14 , à Paris.